Andes et Bogotá

L'axe andin de Bogotá à Santander : capitale d'altitude, villages coloniaux de Boyacá et canyon du Chicamocha, socle culturel de tout circuit en Colombie.

La cordillère des Andes se divise en trois chaînes parallèles dès qu'elle entre en Colombie depuis l'Équateur. Entre ces cordillères Occidentale, Centrale et Orientale s'étirent des vallées profondes, celles du Cauca et du Magdalena, et des plateaux d'altitude où se concentre depuis le XVIe siècle l'essentiel de la population du pays. Bogotá, posée à 2 640 mètres sur la savane de la cordillère Orientale, fixe le rythme de la région : air sec, nuits autour de 8°C même en saison chaude, journées plafonnant à 19°C. Notre équipe basée dans la capitale construit la plupart des circuits autour de cet axe andin qui couvre, du sud au nord, les départements de Cundinamarca, Boyacá et Santander.

Bogotá concentre les institutions culturelles majeures du pays. Dans le quartier colonial de La Candelaria, le Museo del Oro conserve plus de 30 000 pièces d'orfèvrerie précolombienne issues des cultures Quimbaya, Calima, Tairona et Muisca. Le Museo Botero, donation de l'artiste antioqueño, occupe une maison coloniale à deux pâtés de maisons. Le funiculaire grimpe au sanctuaire de Monserrate, à 3 152 mètres, d'où la ville se déploie sur près de 50 kilomètres du nord au sud. Le dimanche, la Ciclovía ferme 120 kilomètres d'avenues aux voitures, une habitude bogotanaise depuis 1974 qu'il vaut la peine d'observer.

Au nord de Bogotá, la route remonte le département de Cundinamarca puis Boyacá. À 50 kilomètres de la capitale, Zipaquirá abrite une cathédrale taillée dans une mine de sel gemme exploitée depuis l'époque muisca, à 180 mètres sous terre. Plus loin, Villa de Leyva conserve l'une des plus grandes places coloniales pavées d'Amérique du Sud, 14 000 mètres carrés bordés de maisons blanches du XVIIe siècle. Les environs livrent des fossiles d'ichtyosaures et le désert de la Candelaria, ancienne retraite des moines augustins. Boyacá reste un département agricole : les marchés du samedi de Tunja ou Paipa exposent papas criollas, ruana de laine et arepa boyacense au fromage frais.

Plus au nord encore, le département de Santander change de visage. Le relief se creuse en canyons calcaires, le climat se réchauffe autour de 25°C. San Gil, sur le río Fonce, sert de base aux activités sportives : rafting de classe III à V, parapente au-dessus du canyon du Chicamocha qui plonge à 2 000 mètres en contrebas. À 20 kilomètres, Barichara aligne ses rues pavées de pierre jaune et ses murs en tapia pisada, considéré comme le village colonial le mieux préservé du pays. Le Camino Real qui relie Barichara à Guane, 9 kilomètres de sentier pavé du XVIIIe siècle, se marche en deux heures.

Côté table, la région andine défend une cuisine de climat froid. L'ajiaco santafereño, soupe bogotanaise à trois variétés de pommes de terre, poulet, maïs et herbe guasca, se sert avec câpres et crème. À Boyacá, le mute boyacense mêle maïs, blé, pois chiches et plusieurs viandes. À Santander, la fourmi culona, récoltée en avril et mai et grillée au sel, reste une spécificité héritée des Guane. Les habitants des Andes orientales sont familièrement appelés cachacos à Bogotá, boyacos plus au nord, santandereanos dans le canyon : trois identités distinctes que les voyageurs perçoivent rapidement à l'accent et à la cuisine.

Pour notre agence locale, cette région se traite rarement comme une destination isolée. Elle constitue plutôt le socle culturel et historique d'un circuit colombien plus large, à articuler avec la côte caraïbe ou l'axe du café selon le temps disponible et la saison.

À découvrir

La Candelaria et le Museo del Oro. Le centre historique de Bogotá se parcourt à pied en une demi-journée, entre maisons coloniales colorées, fresques de street art rue Calle del Embudo et la collection précolombienne du Museo del Oro.

Villa de Leyva et le désert de la Candelaria. Place pavée du XVIIe siècle, ateliers de potiers à Ráquira voisin et paysages désertiques inhabituels à 2 100 mètres d'altitude, à 4 heures de route de Bogotá.

Canyon du Chicamocha en parapente. Vol de 20 à 30 minutes au-dessus d'une gorge profonde de 2 000 mètres, départ depuis Mesa de Ruitoque près de Bucaramanga, dans des thermiques stables toute l'année.

Barichara et le Camino Real. Village colonial en pierre jaune classé monument national, et descente de 9 kilomètres sur un chemin pavé du XVIIIe siècle jusqu'au hameau guane de Guane.

Cathédrale de sel de Zipaquirá. Trois nefs creusées à 180 mètres sous terre dans une mine de sel exploitée depuis l'époque muisca, à une heure trente de Bogotá par la route du nord.

Quand y aller

La région andine connaît deux saisons sèches et deux saisons de pluies, calées sur l'oscillation de la zone de convergence intertropicale. Les périodes les plus stables s'étendent de décembre à mars puis de juillet à août, avec des journées dégagées le matin et quelques averses possibles en fin d'après-midi. Avril, mai, octobre et novembre concentrent les pluies les plus soutenues : à Bogotá, les cumuls dépassent 120 millimètres mensuels et les routes de Boyacá peuvent connaître des glissements de terrain. Les températures restent stables toute l'année à Bogotá, entre 6°C la nuit et 19°C le jour, tandis que San Gil et le canyon du Chicamocha oscillent entre 22 et 30°C.

Pour le parapente à Chicamocha et le rafting à San Gil, nous privilégions la fenêtre de décembre à février, quand les rivières sont plus calmes et la visibilité aérienne meilleure. La haute saison touristique colombienne suit le calendrier scolaire local : la Semaine sainte, mi-juin à mi-juillet et la dernière semaine de décembre voient affluer les voyageurs nationaux, en particulier à Villa de Leyva et Barichara, où il devient nécessaire de réserver les hébergements deux mois à l'avance.

Conseils pratiques

Nous recommandons cinq à sept jours pour parcourir l'axe Bogotá, Villa de Leyva, San Gil, Barichara, soit environ 600 kilomètres de route en remontant vers le nord. Avec trois jours, on se limite à Bogotá et Zipaquirá. Avec dix jours, on ajoute la région de la lagune de Guatavita et le parc national de Chingaza pour les amateurs de páramo. L'aéroport El Dorado de Bogotá, premier hub aérien du pays, dessert tous les départs internationaux et les vols intérieurs vers Bucaramanga, point de sortie possible après Santander.

La combinabilité est large : Bogotá précède naturellement un vol vers Pereira ou Armenia pour l'axe du café, ou vers Carthagène et Santa Marta pour la côte Caraïbe. Pour l'Amazonie, le vol direct Bogotá-Leticia constitue le seul accès raisonnable. Le sud andin et désert se relie par voie aérienne via Neiva ou Pasto. Le niveau de confort reste élevé sur tout l'axe, avec des haciendas restaurées à Boyacá et des hôtels-boutique à Barichara. La région convient aux voyageurs curieux d'histoire coloniale et précolombienne, aux familles avec adolescents pour les activités sportives à San Gil, et aux contemplatifs pour les villages de Boyacá. L'altitude de Bogotá demande une journée d'adaptation, surtout pour les voyageurs arrivant de zones côtières.

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